La première fenêtre des éliminatoires de la Coupe du monde FIBA 2027 (Zone Afrique), disputée à Dakar, s’est soldée par un bilan mitigé pour la République démocratique du Congo : une victoire et deux défaites en trois sorties. Les Léopards ont d’abord lancé leur campagne par un succès encourageant face à Madagascar (87-79), avant de chuter lourdement contre la Côte d’Ivoire (59-96),puis de s’incliner face au Sénégal (56-75)le dimanche 01 mars. Un parcours qui laisse la RDC sous pression au terme de la phase aller du premier tour.
Face à Madagascar, les Congolais ont montré deux visages,mais ont su faire la différence dans les moments clés, notamment grâce à un premier quart-temps maîtrisé (29-11).
Jordan Sakho, auteur d’un match complet (12 points, 19 rebonds, 6 passes), a dominé des deux côtés du parquet.
Autre satisfaction majeure : John Jordan, pour sa deuxième sélection seulement, s’est affirmé comme le leader offensif avec 19 points. La RDC avait alors pris provisoirement la tête du groupe B, laissant entrevoir de belles promesses.
Mais la suite a brutalement refroidi les ardeurs. Contre la Côte d’Ivoire, les Léopards ont sombré après un premier quart-temps pourtant remporté (29-23). Incapables de maintenir l’intensité, ils ont encaissé un sévère 73-30 sur les trois derniers quarts-temps.
Le manque de profondeur de banc, l’irrégularité offensive et certaines décisions techniques ont été pointés du doigt. Même scénario face au Sénégal : un retard conséquent à la pause et une réaction trop tardive pour espérer renverser la tendance.
Au total, la RDC boucle cette fenêtre avec un goal-average négatif,et l’obligation de gagner au moins deux, voire trois matchs au retour pour espérer figurer parmi les cinq qualifiés africains.
Sur le plan individuel, John Jordan s’impose comme la grande satisfaction congolaise de cette fenêtre. Le joueur américano-congolais a inscrit 42 points en trois matchs (19 contre Madagascar, 10 contre la Côte d’Ivoire, 13 contre le Sénégal), devenant le meilleur marqueur des Léopards sur l’ensemble des rencontres.
À l’inverse, certains cadres et rotations attendus n’ont pas répondu présents, illustrant les limites actuelles de l’effectif, et relançant le débat sur la gestion des convocations et l’intégration des jeunes talents.
Au-delà des chiffres, c’est toute l’organisation qui est interpellée. De nombreux observateurs dénoncent un manque de projet clair, un favoritisme supposé dans les sélections et l’absence d’un suivi structuré des joueurs évoluant à l’étranger.
Pendant que des nations comme l’Angola, le Mali, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire poursuivent leur progression, la RDC semble stagner, voire reculer. Les supporters appellent désormais la fédération à une analyse profonde du travail du staff technique et à des réformes courageuses.
Car si le talent existe, seule une vision cohérente et méritocratique permettra aux Léopards de retrouver la place qui fut autrefois la leur sur l’échiquier africain.
Michael Lurhuma





