Kinshasa accueille actuellement la Coupe d’Afrique des Nations U25 dames de basketball sur fauteuil roulant, une compétition d’envergure continentale qui met en lumière le talent et la détermination des jeunes athlètes africaines.
Pourtant, derrière les performances exceptionnelles des Léopards dames, une situation préoccupante menace de ternir l’image du pays hôte.
Sur le terrain, la République démocratique du Congo impressionne. Les Léopards U25 réalisent un parcours sans faute avec trois victoires en autant de matchs : 81-04 face au Liberia, 40-09 contre le Kenya et une démonstration éclatante 65-03 face à l’Afrique du Sud. Avec un total de 186 points inscrits contre seulement 16 encaissés, la RDC affiche la meilleure attaque et la meilleure défense de la compétition.
Sous la houlette du technicien Kiper Mulowa, l’équipe semble parfaitement en place, alliant rigueur défensive et efficacité offensive. Cette dynamique leur permet de se hisser en demi-finales avec de grandes ambitions de qualification pour la Coupe du monde.
Cependant, en dehors du parquet, la situation est bien plus inquiétante. Le pays organisateur n’aurait toujours pas réglé les frais de participation exigés par l’IWBF (Fédération internationale de basketball en fauteuil roulant). Une défaillance administrative qui pourrait conduire à une disqualification pure et simple de la RDC… de sa propre CAN.
Un scénario incompréhensible et embarrassant pour une nation hôte.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre des Sports, Didier Budimbu, avait pourtant donné le coup d’envoi officiel de la compétition, laissant penser que toutes les dispositions étaient prises. Mais il apparaît aujourd’hui que la participation des Léopards a été validée sans que les obligations financières ne soient honorées, exposant ainsi l’équipe à une sanction lourde de conséquences.
Cette situation met en lumière un problème récurrent : le manque d’accompagnement des disciplines autres que le football en RDC.
Alors que ces jeunes athlètes portent haut les couleurs nationales et se rapprochent d’une qualification historique pour la Coupe du monde, elles doivent faire face à des difficultés financières et organisationnelles, évoluant pratiquement sans soutien.
Les joueuses ont d’ailleurs lancé un appel pressant aux autorités congolaises afin qu’une solution rapide soit trouvée.
À ce stade de la compétition, où chaque match rapproche un peu plus la RDC d’un exploit continental, une éventuelle disqualification serait non seulement injuste sportivement, mais aussi un véritable camouflet pour l’image du pays.
Entre performances éclatantes et incertitudes administratives, la RDC vit une CAN paradoxale. Reste désormais à savoir si les autorités agiront à temps pour éviter que cette belle aventure sportive ne se transforme en désillusion nationale.
Michael LURHUMA




